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Zoom sur : Le Bagne

Visiter le bagne de Nouville en compagnie d’Alain Fort, guide du patrimoine, c’est revivre un pan incontournable de l’histoire de la Nouvelle Calédonie.

Les « transportés »

Les transportés

Le bagne calédonien fut créé en 1863 pour pallier aux problèmes de climat et de faune dangereuse du bagne de Cayenne.  Les premiers « transportés », prisonniers de droit commun, sont arrivés le 9 mai 1864 et furent installés à l’île Nou. Durant 33 ans, 75 convois ont amené quelques 21.000 transportés condamnés aux travaux forcés. Ces bagnards ont largement contribué à la construction du bagne d’une part mais aussi au remblayage des baies de Nouméa et à la construction de grands bâtiments.  Après huit ans de peine et huit autres à exploiter des terres mises à disposition des « libérés »  par  l’administration pénitentiaire,  ces derniers étaient libres de rentrer en France ou de continuer à travailler le lopin de terre dont ils devenaient quelques fois propriétaires.

Pour la plupart des condamnés, le départ au bagne leur était proposé comme un moyen de se « racheter ». Ils étaient choisis en fonction de leurs compétences professionnelles ou artistiques. A l’issue de leur peine, tout était fait pour que les condamnés ne puissent pas rentrer dans leur pays natal, l’administration pénitentiaire finançait le voyage à la famille au sens large afin de peupler la Nouvelle-Calédonie.

Les « déportés »

Les déportés

D’autres détenus les « déportés » ou les « communards », prisonniers politiques de la commune de Paris (1871), ont connu les affres du bagne. 3.000 d’entre eux étaient des déportés simples envoyés  au bagne de l’île des Pins sans obligation de travailler, 900 autres, dont Louise Michel « la vierge rouge » de la commune, étaient détenus dans l’enceinte fortifiée de Ducos. Enfin, 324 communards considérés comme des incendiaires ou des criminels ont été astreints aux travaux forcés. Tous furent libérés en 1880.

C’est à la même époque que les prisonniers politiques de la révolte kabyle, en Algérie, arrivèrent. Envoyés d’abord à l’île des Pins, ils furent ensuite rassemblés à Nessadiou près de Bourail et amnistiés en 1895.

Les « relégués »

Les « relégués », petits délinquants récidivistes et prostituées, peuplèrent aussi le bagne de Nouvelle-Calédonie. Souvent mis aux travaux forcés ils étaient ensuite intégrés tant bien que mal dans la société locale, notamment les femmes que l’on poussait à se marier.

Le gouverneur Feillet a mis un terme à la déportation en 1897 (« fermeture du robinet d’eau sale »), mais le bagne n’a fermé ses portes qu’en 1922 et le décret officiel de sa dissolution n’a été émis qu’en 1933.